- Auteur: Claude Maillard
Unité des chrétiens. Semaine de prière
une longue histoire riche de traditions
Le titre de la célébration, « Lumière de la lumière pour la lumière », s’inspire de l’attribut du Christ adopté par le Credo de Nicée-Constantinople, pierre de touche monumentale pour tous les chrétiens, dont nous avons commémoré le 1700e anniversaire l’année dernière. Le Christ est « Lumière de la Lumière ». Mais lui qui a reçu l’onction a été envoyé dans ce monde avec pour mission de faire briller la lumière de Dieu dans ce monde troublé et de nous conduire à une communion d’amour les uns avec les autres et avec Dieu. C’est pourquoi l’on peut parler de « Lumière de la Lumière pour la Lumière ».
Cette célébration est une adaptation de l’« Office du lever du soleil », l’une des prières quotidiennes de l’Église arménienne, composées par le grand Catholicos (c’est-à-dire le patriarche/le chef de l’Église), théologien, hymnographe, réformateur liturgique, œcuméniste et pasteur, saint Nersès « le Gracieux » de Gla (†1173). Il est significatif que saint Nersès ait conçu cet office, qui n’a d’équivalent dans aucune autre Église, dans un but spécifiquement œcuménique : reconduire vers le Christ une secte de païens adorateurs du soleil qui circulait en Arménie à son époque. L’imagerie du Christ Lumière imprègne les prières, les chants et les lectures bibliques de l’office et aurait certainement suscité l’intérêt des adorateurs du soleil. Saint Nersès a cherché les brebis égarées non pas pour les ramener à force d’intimidation ou à travers une quelconque négociation, mais en leur faisant découvrir de manière nouvelle et aimante ce que le témoignage chrétien de son Église avait de meilleur à offrir. Nous espérons que cela puisse servir de modèle à tous ceux d’entre nous qui s’efforcent d’atteindre la communion chrétienne voulue par Dieu.
Il convient également de noter que l’Arménie a été la première nation à déclarer le christianisme religion officielle, grâce aux efforts de saint Grégoire, qui convertit le roi païen Trdat en l’an 301 de notre ère. Saint Grégoire est connu sous le nom d’« Illuminateur » car il a apporté la Lumière du Christ au peuple arménien par le baptême du Saint-Esprit au nom de la Sainte Trinité.
Les fidèles de l’Église arménienne expriment leur gratitude pour les prières de l’ensemble des Églises au cours de cette année. Puisse l’Esprit Saint ouvrir grand nos cœurs pour que nous percevions plus vivement la lumière rayonnante de l’amour de Dieu tout-puissant pour ses enfants, la pénible honte de notre division et l’urgence qui nous brûle de pouvoir faire resplendir à nouveau la lumière de la réconciliation chrétienne, alors que sans cesse nous rendons grâce à Dieu pour l’infinie compassion et miséricorde de la « Lumière de la Lumière ».
Les textes confiés au célébrant (C) peuvent être partagés entre les différents ministres ou représentants des diverses confessions présentes. De même, les textes confiés à un lecteur (L) peuvent être répartis entre plusieurs personnes. Lorsque des passages particuliers de la célébration requièrent deux lecteurs, cela est indiqué par R1 et R2.
Après la prière qui suit le sermon/l’homélie, les deux côtés de l’assemblée récitent ou chantent alternativement les versets du Psaume 97, tandis que tous prononcent ensemble le répons. Pendant que le psaume est récité/chanté, des bougies sont distribuées à l’assemblée. Elles sont allumées pendant le chant qui suit, puis tous récitent le Credo de Nicée.
Bien que les assemblées locales puissent choisir des chants plus appropriés et familiers à leur région, il serait souhaitable, dans la mesure du possible, de chanter les textes des hymnes arméniennes qui sont incluses dans le schéma de célébration proposé. L’Hymne de la lumière (De l’Orient à l’Occident), l’hymne pendant que les bougies sont allumées (Dieu sans âge et incréé) et celui indiqué avant le Notre Père (Christ, la Voie juste et miséricordieuse) peuvent tous être chantés sur la mélodie simple mise à disposition. Le chant, alors que les bougies sont progressivement allumées, contient également un court refrain avant chaque verset – un seul mot, Lois, qui signifie « lumière » en arménien. La mélodie figure dans le schéma de célébration et les fidèles sont encouragées à l’utiliser en cette circonstance.